De l’évolution de la coiffure à travers le temps (2/3)

Publié le mardi 10 août 2010

Au Moyen Âge, la femme porte, comme l’homme, tressoirs, frontons et chapels de fleurs. Les cheveux flottants, soit épars, soit en tresses, sont un apanage de la jeune fille. La femme mariée dispose, sur ses cheveux relevés en chignon, un voile d’étoffe fine, dit « couvre-chef », qui passe sous le menton, alors qu’un bandeau plus rigide, surmonte la tête.

Cette coiffure à mentonnière reste en usage jusqu’à la fin du XIIIème siècle. L’aumusse, le chaperon, la coiffe appartiennent également à la mode féminine et précèdent les extravagances des XIVème et XVème siècles : « atours » à cornes et à bourrelet, et hennin ; ce dernier est une sorte de cornet recouvert de drap de velours, de satin, et agrémenté d’un voile flottant ; sa vogue s’étend de 1395 à 1470.

Avec Anne de Bretagne se marque un retour à la simplicité : les cheveux sont arrangés en coiffe, surmontée d’un chaperon de velours ou de soie ; le chapeau à bord n’est utilisé que pour chevaucher.

Peu à peu on laisse voir les cheveux sous une toque ronde, comme celle de l’homme, ou à travers un réseau de rubans dorés, l’escoffion, ou encore, vers 1560, relevés en rouleaux sur les arcelets que recouvre l’attifet. Traditionnellement le terme attifet désigne pour le XVIe siècle la coiffe formant un arc de chaque côté du front.

C’est une mode adoptée par les dames de la noblesse à l’époque des guerres de religion durant cette période d’inclination ascensionnelle qu’ont eue les dames pour la coiffure en raquette. L’attifet peut d’ailleurs servir de support à celle-ci.

Attifet et coiffure en raquette sont deux éléments qui découlent de cette tendance qui consiste durant les années 1570 à former un cœur au-dessus du visage. Dans la haute aristocratie française – et par imitation chez les dames de moins haute condition – la mode est marquée par la coiffure en raquette. Coiffés avec la raie au milieu, les cheveux sont relevés sur les tempes formant un cœur que maintient un arcelet. Cette mode qui succède au passe-filon apparaît sur les portraits des femmes de la cour dès la fin du règne de François Ier, mais connaît son épanouissement dans le courant des années 1570. Elle était également appelée coiffure en ratepenade (ce qui signifie chauve-souris). Pendant les guerres de religion, elle était vigoureusement condamnée par les ministres protestants (ce qui n’empêcha pas les grandes dames de la religion de l’adopter).

Sous le règne d’Henri IV, la coiffure en raquette cède la place à la coiffure en mitre. On parle également pour cette époque de coiffure à la jacobine.

Au XVIe siècle, pendant que les femmes de la haute aristocratie édifiaient leurs cheveux en raquette, les dames du rang inférieur portaient plus communément le chaperon à bavolet. Il s’agissait d’un chaperon surmonté d’un grand pan de toile se relevant au-dessus du visage et descendant dans le dos.

C’est la coiffe par excellence des femmes de la bourgeoisie. Il affirme à la personne qui la porte une position sociale qui la distingue du populaire. Et contrairement aux femmes nobles plus enclines à dévoiler leur cou et leurs cheveux, le chaperon à bavolet procure aux citadines qui le portent cet effet rangé propre à l’environnement bourgeois.

La mode du chaperon à bavolet existe dès le début du XVIe siècle. Cette mode serait venue d’Italie au moment des expéditions françaises. On les retrouve sur les portraits des dames de la cour de France dès la fin du règne de Charles IX, époque marquée par un renouvellement d’une mode qui atteindra son apothéose à la cour d’Henri III, comme si les temps douloureux qui suivirent le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) n’avaient en rien freiné la culture des apparences ; bien au contraire. Une réaction culturelle aux rigueurs du puritanisme protestant ? Comme l’attifet est lié à la coiffure en raquette, il évolue en même temps qu’elle. Au cours des années, il s’agrandit et s’élève vers le haut. L’attifet semble être davantage un caprice de la mode qu’un accessoire de convenance porté pour marquer un temps d’austérité.